L'Algérie libère des manifestants graciés par le président Tebboune



Une douzaine de prisonniers de "Hirak" ont été libérés vendredi après une grâce accordée par le président Abdelmadjid Tebboune, à la veille du deuxième anniversaire du soulèvement de ce mouvement anti-régime, selon les défenseurs des droits de l'homme.

Le Comité national pour la libération des prisonniers (CNLD) a indiqué sur Facebook que d'autres personnes devraient être libérées plus tard vendredi.

Selon le militant Zaki Hannache, des détenus ont été libérés dans les préfectures de Bordj Bou Arreridj, Tebessa, M'sila (est), Saïda (ouest), ainsi que dans le sud, à Tamanrasset et Adrar.

Jeudi, dans un discours très attendu à la nation, le président Tebboune a annoncé qu'il graciait des dizaines de détenus "Hirak", un geste d'apaisement envers le mouvement de protestation.

"En tout, entre 55 et 60 personnes rejoindront leurs familles à partir de ce soir ou demain", a-t-il promis, en se référant aux personnes graciées, sans divulguer de noms.

Un tweet de la présidence algérienne a précisé que la mesure concernait "les auteurs de crimes liés aux technologies de l'information et de la communication".

Selon les militants, quelque 70 personnes sont actuellement en prison en rapport avec "Hirak" et/ou les libertés individuelles. Au moins 90% de ces poursuites sont basées sur des publications critiques à l'égard des autorités sur les réseaux sociaux.

Devant la prison de Kolea, à l'ouest d'Alger, des militants, des journalistes et des familles se sont réunis vendredi matin pour attendre les détenus libérés. Parmi les prisonniers de Kolea se trouve le journaliste Khaled Drareni, devenu le symbole de la lutte pour la liberté de la presse en Algérie et condamné à deux ans de prison en septembre.

L'initiative du président Tebboune intervient à la veille du deuxième anniversaire du "Hirak", le 22 février 2019, qui a contraint l'ancien dirigeant Abdelaziz Bouteflika à quitter le pouvoir en avril 2019.

Le mouvement continue de réclamer le démantèlement du "système" politique en place depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962.

Des appels à manifester lundi dans tout le pays circulent sur les réseaux sociaux.

Des milliers d'Algériens s'étaient déjà rassemblés mardi à Kherrata (Est), considéré comme le berceau du soulèvement, pour exiger "la chute du régime" et "la libération des prisonniers d'opinion".

AFP